NCAA- flashback: 4 storylines qui ont marqué la saison 2025
Un peu plus de 50 jours après la fin officielle de la saison et le sacre des Hoosiers d'Indiana, revisitons les plus belles et intrigantes histoires qui ont marqué l'automne dernier.

LE MIRACLE INDIANA
Comment ne pas commencer par le véritable conte de fée des Hoosiers. Equipe transformée depuis la prise de fonction de Curt Cignetti en janvier 2024, Indiana a déjoué tous les pronostics pour remporter le 1er titre de champion national de son histoire. En 2 petites saisons, l'université basée à Bloomington, plutôt réputée pour son équipe de basket, est passée du statut d'une des pires équipes de NCAA à champion national: un scénario digne d'un film.
Une étiquette de looser historique de la NCAA, détenant un triste record avec le plus grand nombre de défaites en football universitaire (plus de 700), la cause de la transformation du programme porte un nom: Curt Cignetti. Le vétéran head coach a réussi un authentique exploit, emmenant un effectif limité qualitativement à une saison historique de 16 victoires en autant de matchs, nouveau record du College Football depuis l'expansion des play-offs.
Alors quel est le secret de Cignetti pour réussir une telle prouesse? Le vétéran entraineur de 64 ans arrivait il y a 2 saisons de cela en provenance de James Madison et était suivi par une douzaine de joueurs, qui allaient vite devenir les leaders de cette équipe: on pense au receveur Elijah Sarratt, au running back Kaelon Black, au linebacker Aidan Fisher voire au cornerback D'Angelo Ponds. Cignetti chamboulait tout dès son arrivée avec une trentaine de transferts, notamment beaucoup de joueurs comptant 3 ou 4 années d'expérience et donc aguerris aux joutes du College football. Équipe de mercenaires par certains, exemple à suivre pour d'autres, il n'en reste que la méthode Cignetti en terme de recrutement était diamétralement opposée à ce que faisaient les meilleures équipes, où se bousculent les pépites. Aux antipodes des Alabama, Ohio State, Georgia par exemple, dont les effectifs se composent majoritairement de joueurs 4 et 5 étoiles, Indiana ne comptait cette saison que 4 joueurs classés 4 étoiles. Mais "coach Cig" créait un véritable collectif et ses Hoosiers non seulement battaient tous leurs adversaires, mais corrigeaient des équipes bien plus talentueuses sur le papier telles que Oregon (à 2 reprises avec 86 points de marqués au total) voire Alabama (38-3 en quart de finale).
Après une première saison plus que réussie avec 11 victoires et une qualification en play-offs, le staff d'Indiana trouvait en décembre 2024 lors du portail des transferts, le joueur qui lui manquait, la pièce finale qui complétait le puzzle et allait porter les Hoosiers sur le toit du College football.
Joueur modeste (2 étoiles), recruté à l'université de Cal où il passait ses 2 premières années NCAA, Fernando Mendoza a complètement explosé en 2025, raflant au passage le prestigieux trophée Heisman et sauf surprise majeure, choix numéro 1 de la prochaine draft. Le quarterback démontrait ses qualités de passeur dans la poche avec plus de 40 passes de touchdown et 70% de complétion. Sa personnalité décalée attirait l'attention autant que ses superbes prestations et ses désormais drives légendaires contre Iowa, Oregon et Penn State resteront gravés dans la rétine des fans.
LE CONFLIT ENTRE NOTRE DAME ET MIAMI
Le 1er septembre dernier, les Hurricanes battaient les Fighting Irish 27-24. À cette époque-là, peu pensait que cette victoire allait être aussi lourde de conséquence. Ces 2 équipes allaient être protagonistes d'un des feuilletons les plus passionnants de la saison, entre polémiques du processus de sélection du comité du CFP (= College Football playoffs), le chaos qui suivait et Notre Dame qui déclarait forfait pour son Bowl Game.
3 mois après leur affrontement sur le terrain et avec un bilan identique-10 victoires pour 2 défaites-, la bataille entre Miami et Notre Dame pour une place en play-offs continuait en coulisses. Pendant des semaines, les Fighting Irish devançaient les Hurricanes dans le classement AP poll (classement de référence utilisé par la NCAA) alors que les joueurs de Marcus Freeman restaient sur une série de 10 victoires consécutives. Les 2 défaites contre Louisville et SMU faisaient tache dans le bilan des hommes de Mario Cristobal, mais leur victoire en tout début de saison lors du face-à-face contre Notre Dame allait s'avérer décisive. Ou plutôt le fait que Virginia, alors favori de la ACC, perdait la finale de conférence face à Duke. Cette finale allait avoir de lourdes retombées et laissaient le comité du CFP dans une situation compliquée: soit inviter Notre Dame aux play-offs et laisser donc sans aucune représentation la ACC- une des 4 conférences les plus puissantes-, soit inclure Miami, équipe de cette même conférence la mieux classée dans le AP poll. Par son règlement, le Comité de CFP devait inclure parmi les 12 équipes qualifiées pour les play-offs, les 5 champions de conférence les mieux classés, les obligeant alors à inclure James Madison et Tulane, aux bilans bien meilleurs à celui de Duke, champion de l'Atlantic Coast Conference.
Miami se qualifiait donc pour les phases finales par un trou de souris, mais prouvait par la suite que sa participation était légitime, échouant en finale du championnat national. Notre Dame se sentait lésé par le comité du CFP qui, à l’instar du AP Poll, les plaçait au-dessus de Miami, jusqu’à la dernière semaine de la saison régulière, alors que leur bilan était similaire. Les dirigeants des Fighting Irish allaient alors faire la moue, râlant dans les médias et critiquant le CFP et le système "corrompu” selon leurs dires, mais faisant aussi l'impasse sur un Bowl Game. Une attitude puérile et peu en ligne avec le standing d'une université aussi prestigieuse, mais qui portait toutefois ses fruits puisque le comité du CFP changeait il y a quelques semaines le règlement en faveur de Notre Dame pour la saison à venir.
OLE MISS ET LA FUITE DE LANE KIFFIN
En janvier 2010, Lane Kiffin quittait l'université de Tennessee après une seule saison pour prendre les rênes de USC. Bis repetita 15 ans plus tard, malgré des promesses qu'il avait changé, qu'il n'était plus le même homme et qu'il vivait une vie de rêve à Ole Miss. Mais une fois de plus, le technicien de 50 ans se retrouvait au milieu d’une telenovela dont il était dans le même temps responsable et acteur principal.
Entraineur respecté pour ses idées innovantes et ses qualités de formateur, il ne faisait aucun doute que Kiffin allait être un des techniciens les plus courtisés à l'intersaison. Peu imaginait qu'il allait changer d'équipe en cours de saison alors que ses Rebels étaient sur le point de disputer les play-offs. Après plusieurs semaines de négociations, et 2 jours après la victoire dans le derby face au rival Mississippi State pour conclure la saison régulière, Kiffin annonçait qu'il quittait Ole Miss pour devenir immédiatement entraineur de LSU. Sans surprise connaissant sa personnalité, il rejetait la faute sur les dirigeants Rebels, expliquant qu'il souhaitait rester à Ole Miss pour la durée des play-offs et que les joueurs étaient derrière lui. Le directeur sportif Keith Carter réfutait les arguments de Kiffintout en reconnaissant que le head coach avait demandé à rester pour la durée des play-offs, avant de partir chez les Tigers. Cette demande était de manière compréhensible rejetée et ce bon vieux Lane faisait ses valises direction Baton Rouge. Connaissant les intentions de son alors ex-entraineur d'emmener dans ses bagages une grosse partie du staff, l'université basée à Oxford prenait les devants et nommait rapidement Pete Golding nouveau head coach, lui qui était jusqu'alors coordinateur défensif.
Mais le feuilleton ne s'arrêtait pas là, Kiffin et Ole Miss trouvaient un accord initial pour permettre au coordinateur offensif Charlie Weiss et autres adjoints qui suivaient leur chef à LSU, de rester à OleMiss pour leur aventure en play-offs. Une situation quelque peu gênante s'installait alors avec une épopée surprenante des Rebels en play-offs qui atteignaient les demi-finales face à Miami. L'accord verbal entre Kiffin et Ole Miss ne tenait plus vraiment alors que le néo head coach des Tigers n'autorisaient plus son staff à revenir à Ole Miss pour préparer cette rencontre historique et seul le OC Charlie Weiss sera libéré pour revenir sur le campus des Rebels, quelques jours à peine avant la demi-finale. Avec une préparation des plus particulières, Ole Miss échouait à une marche de la grande finale, pour le grand malheur - ou sans doute soulagement- de Lane Kiffin si l'on en croit ses publications sur les réseaux sociaux.
Galvanisés par le départ en catimini de leur leader, les Rebels réalisaient peut-être la plus belle saison dans l'histoire de ce programme, avec au bout une superbe aventure en play-offs. Là aussi, c'est l'éclosion surprise d'un quarterback qui allait grandement contribuer aux performances de cette équipe. Total inconnu en début de saison, Trinidad Chambliss profitait de la blessure du titulaire Austin Simmons pour prendre les rênes de l'attaque des Rebels et ne jamais les lâcher. Belle trouvaille de Lane Kiffin dans les bas-fonds du College football, Chambliss défendait pendant 4 saisons les couleurs de la modeste université de Ferris State en division two, équivalent de la 3ème division universitaire. Dès son 1er snap à Ole Miss, le joueur "double-menace" jouait face au ténors de la SEC avec la même confiance que face à des Grand Valley State ou Davenport qu'il affrontait quelques mois plus tôt. Le playmaker de 24 ans portait les Rebels jusque dans le dernier carré et terrassait plusieurs semaines des défenses coriaces comme celles de Georgia (par 2 fois), Miami ou encore Oklahoma. En tout cas- et pour des raisons opposées- autant Kiffin comme Chambliss étaient les 2 grands noms de la saison 2025 des Rebels.
CLEMSON, LSU, PENN STATE: GRANDES AMBITIONS AVANT LA DEGRINGOLADE
3 des grands favoris de la saison 2025 souffraient d'une saison catastrophique, qui se finissait par le licenciement de leur head coach pour 2 d'entre elles. Suivant le modus operandi des rivaux Michigan et Ohio State, les 2 derniers champions nationaux, Penn State disposait d'un effectif XXL qualitativement, avec beaucoup de joueurs d'expérience qui décidaient de rester une saison de plus et avec comme objectif de décrocher le Graal. 1 mois et demi après le début de saisons et 6 petits matchs, les dirigeants des Nittany Lions décidaient de se séparer de James Flanklin, leur entraineur depuis 2014. Après 3 victoires pour démarrer la saison, Penn State souffrait une défaite face à Oregon qui entrainait l'équipe dans une spirale négative qui allait coûter son poste au technicien. Malgré les Drew Aller (qui terminait sa saison de manière prématurée avec une grave blessure à la cheville), Nicholas Singleton, Kaytron Allen, Olaivavega Ioane et autre Zane Durant, l'équipe de l'université de Pennsylvanie encaissait 6 défaites consécutives, avant de redresser un peu la barre et finir la saison sur une 4 victoires d'affilée, dont un succès face à Clemson lors du Bowl Game.
Parlant de Clemson, la saison était tout autant calamiteuse, mais la différence est que le head coach Dabo Swinney restait en poste. A son crédit, Swinney a créé un programme fructueux, avec une armoire à trophées bien garnie: 9 titres dans la conference ACC et 2 championnats nationaux. Outre son prestige c'est aussi la clause de licenciement de plus 60 millions qui refroidissait les dirigeants de Tigers d'écarter le vétéran head coach. Allergique au portail des transferts, Swinney a construit en 17 saisons des effectifs à travers le recrutement de joueurs venus du lycée, avec la rhétorique qu'il préfère former les joueurs et développer de cette manière la mentalité et la cohésion de l’équipe. Seul hic, depuis plusieurs saisons et l'apparition du NIL (contrats de sponsoring et droits d'image pour athlètes universitaires) et donc plus de concurrence, Clemson n'est plus aussi dominant dans le recrutement des lycéens. Cet automne, plusieurs joueurs censées être clé comme Cade Klubnik, Antonio Williams, TJ Parker et Peter Woods ont tous déçu et le bilan final de 7 victoires pour 7 défaites est à des années-lumière des ambitions du début de saison.
Brian Kelly signait à LSU en 2022, mettant fin ainsi à une histoire de 11 saisons à Notre Dame. La raison qu'il donnait en conférence de presse à l'époque était simple, il souhaitait rejoindre un programme avec les ambitions et les moyens de gagner le championnat national. 2 ans et demi plus tard, aucun titre ni d'apparition en play-offs pour les Tigers. Kelly avait pourtant tout pour réussir à l'université de Louisiana State: des ressources infinies, des installations à rendre jaloux des clubs de sport chez nous en Europe et une culture de la gagne dans un des programmes les plus prestigieux de la NCAA. Le point de non-retour était atteint à la mi-octobre et une correction infligée à domicile par Texas A&M. Le debrief quelques jours plus tard avec le directeur sportif tournait en altercation, lorsque Brian Kelly refusait d'opérer les changements dans le staff qu'il lui était suggéré. Kelly prenait la porte donc et des rumeurs sur un environnement toxique et d'une fracture dans le vestiaire entre Kelly et ses joueurs, commençaient à faire surface dans les médias. Mais la partie la plus surréaliste était dévoilée quelques semaines plus tard lorsque l'on apprenait que le gouverneur de l'état de Louisiane, Jeff Landry, avait lui-même œuvré en coulisses pour le licenciement de Brian Kelly, alors que les indemnités de départ dépassaient les 50 millions de dollars. Mais ce n'est pas tout puisque peu de temps après, une bataille judiciaire entre l'université et Kelly débutait, alors que les dirigeants refusent de payer le montant total des indemnités de licenciement à leur ancien head coach.
Si le calme semblait être revenu à Clemson, tant LSU comme Penn State continuaient leur cinéma en fin de saison avec d'un côté le fracas autour de l'arrivée de Lane Kiffin et de l'autre, la nomination tardive de Matt Campbell à la tête de l'équipe alors que l'ex entraineur James Franklin, désormais à la tête de Virginia Tech "chipait" plusieurs recrues qui s'étaient verbalement engagé chez les NittanyLions.