NFL- Draft 2026: analyse du 1er tour
Quelques courageux faisaient nuit blanche ici en Europe pour suivre la draft et entendaient sans surprise le nom de Fernando Mendoza appelé en premier. Des échanges, des choix logiques- d'autres douteux-, beaucoup de larmes et les Jets qui rentrent à l'hôtel avec 3 nouveaux joueurs. Analysons les faits principaux de ce 1er tour.

Des surprises
Le choix de RB Jeremiyah Love par Arizona en 3ème position était la 1ère grosse surprise de cette draft 2026. Non pas que le coureur soit surcôté, mais de par sa position et les manques des Cardinals dans leur effectif, peu avait vu venir cette sélection. Sans solution à moyen et long terme au poste de quarterback, le nouvel entraineur HC Matt laFleur mise sur Love pour devenir la principale arme d'une équipe en reconstruction.
Probablement intéressés également par Love, les Titans et OC Brian Daboll se tournaient alors vers WR Carnell Tate, issu de l'université de Ohio State, usine à receveurs ces dernières années. Dans cette bataille de playmakers entre Tate, Tyson et Lemon, c'est donc donc l'ancien Buckeye qui était choisi le 1er et devrait aider son QB Cam Ward dans le jeu aérien.
Le coup de théâtre de ce jeudi soir était le choix de QB Ty Simpson par les Rams avec le 13ème choix. Considéré à l'unanimité comme le 2ème meilleur quarterback de cette cuvée, peu voyait l'ancien joueur d'Alabama être pris si tôt. Son manque d'expérience et des incertitudes sur ses capacités athlétiques laissaient nombreux experts dubitatifs, mais les Rams faisaient fi de ces doutes et prenaient le possible successeur de QB Matthew Stafford. HC McVey pourra développer calmement et sans urgence Simpson, qui devrait apprendre aux côtés d'un meneur de jeu du standing de Stafford et au coeur d'un effectif XXL.
La ligne défensive était un secteur à renforcer pour les Vikings mais peu donnait un defensive tackle dans les mock drafts. Ayant personnellement prédit DT Peter Woods à Minnesota dans ma mock draft, le choix à ce poste n'a rien de surprenant, le joueur choisi l'est un peu plus. DT Caleb Banks est un excellent joueur, avec un potentiel énorme, un "disrupteur" dans les tranchées qui n'est pas sans rappeler un certain Chris Jones. Toutefois, sa blessure inquiétante au pied et sa fragilité physique interrogent. Ce pari s'apparente à ce que les Américains appellent un "boom or bust" : un potentiel immense, mais un risque d'échec tout aussi élevé.
Lorsque le tour des Steelers, hôte de cet événement, arriva, 5 tackles offensifs avaient déjà été pris. Entre OT Caleb Lomu et OT Max Iheanachor, GM Omar Khan et HC Mike McCarthy misaient sur le second, au profil particulier. Arrivé dans le foot américain sur le tard, l'ex Sun Devil a une marge de progression énorme et a encore beaucoup à apprendre avant de devenir un bon tackle en NFL. Le seul souci pour Pittsburgh est que connnaissant les soucis physiques de OT Broderick Jones, Iheanachor pourrait être aligné très rapidement sur la ligne offensive et devoir affronter des defensive ends et edges talentueux et aguerris.
Les Cowboys étaient contents de descendre de quelques places pour sélectionner un edge rusher avec leur second choix de la soirée. Avec Faulk et Howell toujours disponibles, Dallas prenait alors .... ED Malachi Lawrence (UCF)! Apparu ces derniers dans le radar des experts et mock du 1er tour, Lawrence est un joueur agressif et intense qui pourrait s'avérer un bon choix pour la famille Jones.
Les 2 cornerbacks des Tennessee Vols CB Jermod McCoy et CB Colton Hood sont les grands perdants de la soirée, aucun des 2 n'étaient appelés ce jeudi soir. Le camouflet est d'autant plus dur que CB Chris Johnson, issu de la modeste université de San Diego State, leur a était préféré et les Dolphins grimpaient même jusqu'en 27ème position pour s'attacher ses services.
Il faut remonter à très longtemps pour voir 2 running backs de la même université être pris au 1er tour. RB Jadarian Price, complément parfait de RB Jeremiyah Love à Notre Dame, était le choix des Seattle Seahawks pour clôre ce 1er soir de draft. Les champions en titre trouve leur remplacant à RB Kenneth Walker, parti aux Chiefs en mars dernier.
Les belles affaires
OT Francis Mauigoa tombait dans les bras des Giants en 10ème place. HC John Harbaugh reproduisait le mode opératoire de son ancienne équipe, les Baltimore Ravens, en prenant un joueur pour protéger le quarterback. L'ex Hurricane pourrait glisser à l'intérieur au début avant de revenir à son poste de prédilection dans un futur plus ou moins proche.
Un autre joueur issu de l'université de Miami sortait du top 10, alors que bon nombre de mock drafts le voyaient être choisi dans le premier tiers: DE Rueben Bain Jr. Le voyage sera court puisqu'il atterrit dans le centre-ouest de la Floride, à Tampa Bay. Les Buccaneers étaient ravis de voir le meilleur edge rusher disponible à la 15 place et HC Todd Bowles tient enfin le joueur qui devrait "booster" le pass rush des siens.
GM Howie Roseman tradait avec le rival de division Dallas pour grimper de 3 petites positions et prendre WR Makai Lemon, substitut du partant WR AJ Brown. Excellent dans les tracés et aux mains d'acier, Lemon devrait faire le bonheur de son nouveau coéquipier, QB Jalen Hurts.
3 choix pour les Jets
On savait déjà que plusieurs franchises possédaient une paire de choix de 1er tour et étaient rejoints par Tennessee, qui revenait en fin de premier tour (31ème position) pour sélectionner ED Keldric Faulk. HC Robert Saleh, spécialiste de la défense, n'a donc pas pu se retenir et prenait un joueur défensif, très polyvalent d'ailleurs, puisque l'ancien Tiger d'Auburn peut jouer defensive tackle ou end.
Les Jets faisaient encore mieux que les Titans, puisqu'en revenant en fin de 1er tour, ils prenaient leur 3ème joueur de la soirée. Avec ED David Bailey en 2ème position, TE Kenyon Sadiq en 16ème et WR Omar Cooper Jr en 30ème, le Gang Green répète le scénario de 2022, où ils terminaient le 1er soir de draft avec 3 prospects. Cette fois-ci, le profil et l'expérience des joueurs sont différents car GM Darren Mougey et HC Glenn sélectionnaient 3 espoirs très talentueux mais aussi habitués aux rencontres compétitives, eux qui disputaient tous les College Football Playoffs l'hiver dernier.
Plusieurs échanges avaient d'ailleurs lieu avec des équipes qui grimpaient de quelques positions pour s'assurer les services de leur priorité numéro 1. Parmi les franchises qui tradaient up, on retrouvait Kansas City (numero 6), Dallas (n11), Philadelphie (n20), Houston (n26), Miami (n27), New England (n28) et Tennessee donc (n31).
Les "gros"ont la côte
Pas moins de neuf linemen offensifs trouvaient preneur dès le premier tour. Aux têtes d'affiche attendues comme OL Spencer Fano, OL Francis Mauigoa ou OT Kadyn Proctor, se sont joints OT Max Iheanachor, OT Caleb Lomu et OG Keylan Rutledge. Cette razzia témoigne de la valeur stratégique des "tranchées" et dans une ligue toujours plus exigeante, s’assurer les services de protecteurs aguerris est devenu une priorité absolue. Le manque de playmakers et de talents à d'autres postes-clés dans cette cuvée explique aussi le grand nombre de linemen offensifs choisis sur ce 1er tour.