NCAA- Du changement à venir?
| Trump organisait une table ronde avec une trentaine d'invités pour discuter le futur du college football |
RETOMBÉES DE LA RÉUNION À LA MAISON BLANCHE
Après la table ronde organisée il y a une semaine de cela, va-t'on enfin voir les choses bouger en College football? Pas sûr si on en croit les rapports de la presse américaine. Dans cette réunion à laquelle beaucoup de personnalités participaient, l'absence de joueurs ou de représentation des joueurs interpellaient. Les médias soulignaient notamment les opinions complètement opposées, les partisans d'un retour au College Football d'antan, les critiques sur l'avarice des joueurs et de leurs agents, sur un système corrompu par les donateurs et sponsors, l'inutilité de la commission NCAA, etc ...
Le gouvernement actuel, organisateur et hôte de cet événement, affichait ses contradictions habituelles, argumentant dans un 1er temps que les étudiants-athlètes méritaient une compensation économique avant d'affirmer un peu plus tard que le système fonctionnait mieux lorsque les joueurs avaient leur simple statut d'étudiants, et donc de "bénévoles".
Le président Trump a annoncé un décret pour "sauver le College football" et mettre fin à tous les problèmes de cette compétition: le SCORE act. Ce projet de loi prévoit un cadre pour la compensation des étudiants-athlètes et l’utilisation des contrats de droits d’image (les fameux NIL), tout en niant aux joueurs le statut d'employés et donc de bénéficier d'une rémunération directe de la part des universités.
Conscient des positions opposées entre les partis Républicain et Démocrate sur ce point, Trump reconnaissait que ce projet avait peu de chances d'être adopté par le Congress.
Alors, un coup d'épée dans l'eau? On peut alors se poser des questions sur l'intérêt de cette table ronde et tout laisse penser que le statut quo va se maintenir pour un petit moment.
NCAA, l'EMPIRE CONTRE-ATTAQUE
Méprisée depuis un petit moment, la commission de la NCAA cherche à récupérer son lustre d'antan, lorsqu'elle dirigeait avec une main de fer le sport universitaire. Alors que le système de transferts est devenu le far west, à l'image du recrutement peu éthique du joueur Luke Ferrelli par Ole Miss, l'organisme régulateur universitaire tente de reprendre le contrôle en annonçant un nouveau règlement concernant le portail des transferts. Dans un hypothétique cas où un joueur rejoindrait une université sans suivre les règles d'inscription dans le transfer portal, la NCAA appliquerait des sanctions exemplaires avec une suspension de six matchs pour les entraîneurs, la perte de cinq places dans l’effectif pour la saison suivante et une amende de 20 % du budget de la section football. En attendant de savoir si la National Collegiate Athletic Association aura la capacité juridique d'appliquer ces sanctions, les réactions n'ont pas tardé et le Big 10 a officiellement demandé à la NCAA de suspendre ses enquêtes sur des possibles "tampering".
Toujours dans l'optique de récupérer son prestige et touchée dans son orgueil par les nombreuses décisions de la justice civile contre elle, la NCAA montrait les muscles également dans l'affaire Chambliss. On en parlait il y a peu, un juge local du Mississippi donnait raison à Trinidad Chambliss alors que ce dernier cherchait à obtenir le droit de rester une saison supplémentaire au niveau universitaire. Alors que le quarterback des Rebels voyait un tribunal civil lui donner raison et alors qu'il devait se préparer pour les spring practices qui débutent dans quelques jours à Ole Miss, la NCAA ne baissait pas les bras et faisait appel de la décision du juge. La réponse de la justice ordinaire était ferme et la requête de l'organisme régulateur du sport universitaire était définitivement rejetée, pour un nouveau revers judiciaire.
Constamment sous le feu des critiques, à l'image de la pique adressée par le commissionaire de la ACC Jim Phillips lors de la table ronde à la maison Blanche (« Les procès nous tuent »), l'organisme universitaire rappelait qu'il détient le pouvoir de décision dans l’application de ses règles d’admissibilité, alors que les revers judiciaires continuent de s'accumuler.
LE NIL, UNE PLUIE DE MILLIONS INCONTRÔLABLE
En attendant de savoir ce qui se passe avec le SCORE act, les universités doivent verser une compensation financière à leurs athlètes tout en respectant un plafond de 20 millions de dollars, toussports confondus.
Seul problème, les dons des sponsors et donateurs tronque le système et la CSC (College Sports Commission) a souligné une augmentation préoccupante de 65 % des NIL, ces accords de sponsoringsignés avec les joueurs. Des rumeurs courent même sur plusieurs universités huppées où plus de 30 millions de dollars de NIL seraient investis dans l'effectif. Un chiffre qui ne surprend pas grand monde si l'on regarde le calibre de joueurs que des universités comme Texas, LSU, Oregon ont réussi à attirer- et retenir -lors de la fenêtre des transferts en janvier dernier. Des stars comme Arch Manning, Bryce Underwood, Darian Mensah ou encore Sam Leavitt recevraient apparemment des contrats de droits d'image oscillant entre 5 et 10 millions chacun. Soit bien plus qu’un contrat rookie pour un joueur choisi au 1er tour de la draft de la NFL.
La CSC se retrouve dans une situation compliquée à l'heure de vérifier si ces accords commerciaux sont légitimes ou s’il s'agit seulement d'un salaire déguisé. En plus et alors que sen théorie le revenue sharing et le NIL devaient assurer plus d'équité, la réalité est, comme le soulignait Nick Saban lors de table ronde "sauver le college football", seules quelques universités ont des effectifs d'une valeur de 30 millions de dollars, la grande majorité des facs ne pouvant pas rivaliser et le fossé continue de se creuser entre le Power 4 et le reste des équipes.
VERS LA CRÉATION D'UNE SUPERLEAGUE?
Irrités par l'inaction ou l'incapacité de la NCAA à faire respecter les règles, le Big 10 et la SEC pourraient très bien prendre une décision qui changerait à jamais le panorama du college football. Travaillant conjointement depuis plus de 2 ans, les commissionaires Greg Sankey et Tony Petiti savent parfaitement le poids de leurs conférences dans le sport universitaire, alors que Big et SEC représentent plus de 60% des revenus du sport.
En coulisses, les universités et les conférences s'agitent et l'instabilité permanente du sport pourrait accélérer des changements irréversibles. Des rumeurs font état de plusieurs projets en préparation, sous la direction d'entités très puissantes: projet 'Rudy", sortie de la NCAA du Big 10 et de la SEC, le CST (College Sports tomorrow), une alliance du Power 4, ...
En attendant de savoir ce qui se passera, la NCAA se retrouve à nouveau sous pression et va devoir agir vite, au risque de perdre totalement le contrôle et de voir la bulle qu'est devenue le CollegeFootball exploser de manière définitive.